Dans l’immobilier, comme dans bien d’autres domaines, les férus d’histoire se comptent par dizaines, voire par centaines. Et dans le Vieux-Montréal, nous avons l’immense opportunité d’accueillir, que dis-je, de faire l’histoire. Lors de récentes visites, il m’a été donné de constater que plusieurs acheteurs s’intéressaient vivement à l’histoire de l’immeuble abritant la propriété convoitée. Au cours des prochains mois, je tenterai de faire un bref, mais intéressant retour dans le passé, pour retracer l’histoire de ces immeubles légendaires.


Notre prochaine visite historique est toute particulière, puisqu’elle ne concerne pas un édifice abritant l’une de nos inscriptions. Néanmoins, il peut être admiré de notre unité, dont nous parlerons plus loin. Sis aux limites nord-est du Vieux-Montréal, cet immeuble fait partie de l’histoire du quartier depuis près de 120 ans.

L'édifice Jacques-Viger, situé à l'angle des rues Saint-Antoine et Berri dans le Vieux-Montréal. Credits Photo: Wikipedia

La Gare-Hôtel Viger

Construite entre 1896 et 1898 par le Canadien Pacifique, la Gare-Hôtel Viger a connu depuis diverses vocations. Pour obtenir les droits sur le terrain, le transporteur ferroviaire a dû à l’époque cédé trois importantes propriétés à la Ville de Montréal. Ce faisant, cette dernière se vue dans l’obligation d’exproprier 35 lots pour en permettre la construction. Des dizaines de bâtiments sont alors détruits, dont de nombreuses maisons. L’édifice est d’abord nommé en l’honneur d’un célèbre politicien du XIXe siècle, Denis-Benjamin Viger, puis est renommé en 1957 « Édifice Jacques-Viger », en l’honneur de l’un des premiers maires de Montréal.

La gare-hôtel accueille ses premiers voyageurs dès août 1898. Au rez-de-chaussée, on y retrouve la gare proprement dite et de nombreux services et boutiques. Au premier étage, un restaurant spacieux se profile, offrant à sa clientèle l’accès à une large terrasse donnant sur la rue Craig (aujourd’hui Saint-Antoine). Aux étages supérieurs, on retrouve quelque 88 chambres.

Mais déjà en 1911-1912, la gare-hôtel ne suffit plus à répondre aux besoins. Le CP décide alors de la déménager dans un bâtiment attenant de deux étages, la gare Berri, qu’il a fait construire. Dès ce moment, l’édifice ne conserve que sa vocation hôtelière.

Quelques années avant le second conflit mondial, en 1935 pour être précise, l’hôtel ferme ses portes, au grand mécontentement des politiciens et gens d’affaires de l’est de Montréal. De 1939 à 1950, l’édifice Viger est occupé par le gouvernement canadien à des fins militaires, puis pour y loger des anciens combattants. En 1952, soit un an après la fermeture de la gare Berri, la Ville rachète l’édifice. Après d’importants travaux de rénovations effectués en 1954-1955, la Ville y installe certaines divisions administratives, dont celle de l’urbanisme, qui occupera les lieux jusqu’en 2006, date où Montréal cédera l’immeuble à des promoteurs.

Ce superbe édifice, qui n’est pas sans nous rappeler le Château Frontenac à Québec (les deux sont issus des plans de l’architecte Bruce Price), fait partie intégrante du décor que l’on peut admirer du balcon de notre unité (#104), sise au 370 rue St-André, qui fait partie du projet multi-phase Solano. Dotée d’un design des plus modernes, cette unité jouit d’une fenestration abondante et idéale pour un jeune couple sans enfants, un premier acheteur ou tout investisseur. Vous pouvez d’ailleurs en consulter la fiche dans notre section NOS PROPRIÉTÉS. Bonne visite et au plaisir de vous rencontrer.


Le Caverhill Block

Construit en 1865-1866, Le Caverhill Block regroupe trois immeubles adjacents qui abritaient à l’origine la société Crathern & Caverhill¸ un magasin-entrepôt spécialisé en outillage et quincaillerie. Au décès des frères John et Thomas Caverhill, en 1882, puis après la retraite de Crathern en 1897, les fils Caverhill prendront la relève, associés à J.B. Learmont et T.H. Newman. La Caverhill Learmont Wholesale Hardware voyait le jour. 150 ans plus tard, une partie du complexe est toujours occupée par la compagnie, dont on peut encore déceler l’identification corporative initiale, peinte sur le côté nord, donnant sur la rue Notre-Dame.

Conçu par les architectes Cyrus Pole Thomas et William Tutin Thomas, le complexe s’élève sur cinq étages et a fait l’objet d’une réfection majeure en 2001. À l’époque de sa construction, on retrouvait la pierre grise de Montréal (calcaire) en abondance sous les dépôts meubles de l’Île de Montréal et de l’Île Jésus (Laval). Pas étonnant qu’on y ait fait appel. Sa haute cristallinité en faisait une pierre plus facile à tailler (voir http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_generique.php?id=2).

Depuis une quinzaine d’années, l’immeuble du 455 St-Pierre abrite 40 unités en copropriété, sur les quatre étages supérieurs. Nous avons le bonheur et la chance de compter l’une d’entre elles parmi nos inscriptions : l’unité #180. Vous pouvez d’ailleurs en consulter la fiche dans notre section NOS PROPRIÉTÉS. Mais pour en vous en donner un avant-goût, voici une photo prise du salon et démontrant la grande luminosité dont il jouit, grâce à sa généreuse fenestration. Bonne visite et au plaisir de vous rencontrer.


Rue du Saint-Sacrement

Ce mois-ci, notre relais historique des immeubles du Vieux-Montréal s'arrête au 211, rue du Saint-Sacrement. Abritant de 1972 à novembre 1992 les bureaux du quotidien Le Devoir, l'immeuble a d'abord connu une vocation financière pendant plus de 100 ans. En effet, c'est le Merchant's Exchange qui s'y installe au milieu du 19e siècle, puis, dès 1883, la Bourse de Montréal, qui y élit domicile. Cette dernière s'établira au 453, rue Saint-François-Xavier en 1904, avant de s'installer dans l'immeuble surplombant la Place-Victoria, que nous connaissons aujourd'hui.

Noël 1864

En cette veille de Noël, un incendie majeur dévaste une partie du secteur, dont l'immeuble qui accueillait le premier Merchant's Exchange, datant de 1855. On utilise alors de nombreuses pierres pour les intégrer à la nouvelle construction. Après quelques années, la Marconi Wireless Telegraph Company of Canada acquiert l'immeuble et en fait son siège social. Nous sommes alors en 1919, un an à peine après la fin du premier conflit mondial. En 1950, la Canadian Marconi devient une société de la Couronne, puis sera à nouveau privatisée en 1987 pour devenir Teleglobe Canada. Pendant trois décennies, l'édifice sera connu sous le nom d'immeuble Marconi. Pendant près d'un siècle et demi, l'immeuble aura joué un rôle primordial tant au niveau des bourses financières, que du monde des affaires et des communications. On peut d'ailleurs en parcourir l'histoire sur une magnifique colonne, accessible par l'escalier de service intérieur.

Ce n'est qu'au tournant de l'an 2000 que l'immeuble sera finalement transformé en unités résidentielles en copropriétés. On y retrouve désormais 14 unités. De nombreux efforts ont été accomplis pour valoriser les façades, afin qu'elles retrouvent leur allure originale. Fenestration, rejointement complet et nettoyage des pierres ont entre autres été effectués. Tout l'éclairage a été repensé. Le hall d'entrée subit présentement une cure de rajeunissement, de même que les aires communes. Cette restauration, entreprise depuis maintenant deux ans et avoisinant les 1,2 million$, permettra de remettre en valeur l'architecture de cet immeuble tout-à-fait unique. Et que dire de l'intérieur! Vous pouvez d'ailleurs vous en rendre compte en consultant la fiche d'inscription de l'unité #203 dans notre section NOS PROPRIÉTÉS. Mais pour vous en donner un avant-goût, voici une photo prise du salon de l'unité, démontrant la grande luminosité dont il jouit, grâce à sa généreuse fenestration, mais surtout de l'ampleur dégagée par cet espace à aire ouverte. Bonne visite et au plaisir de vous rencontrer.